Chapitre I – Le retour de Merlin | Extrait gratuit en français
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Le retour de Merlin

Merlin traverse le temps, surgit dans l’Allemagne de 2025 et découvre un monde plus étrange encore que Camelot : smartphones, tracteurs, TikTok, ministères, gourous et magie virale. Une satire fantastique, poétique et féroce sur notre époque.

🧙 Fantasy satirique 📱 Mythe & modernité 🔥 Humour noir & critique sociale 📖 Lecture : 12–18 min
Pour vous

Un merci du cœur — à mes lectrices et lecteurs

Vous n’êtes pas un « public ». Vous êtes des compagnons de route. Des personnes qui prennent le temps — pour la langue, les images, l’étrangeté, l’humour et les histoires qui dérangent un peu le réel.

Avec gratitude à mes lecteurs de France, de Belgique et du Canada qui m’accompagnent à travers les ombres, les éclats de rire et les histoires.

J’écris pour que, l’espace d’un instant, une page devienne un lieu : une forêt oubliée, un bureau municipal absurde, un feu de Pâques, un studio télé, un café trop éclairé, ou ce monde étrange où la magie et la bêtise se disputent le même trône.

— Christos

Épilogue intérieur

Avant-propos – ou : Bienvenue dans la folie !

Cher lecteur, chère lectrice, cher être doté d’un accès Wi‑Fi et d’une bonne dose d’humour, si tu tiens ce livre entre tes mains, c’est que tu as soit : a) perdu la raison, b) un goût exquis pour les absurdités magiques, c) ou les deux — ce qui fait de vous immédiatement le public cible !

Tu es sur le point d’entrer dans un monde où les magiciens du Ve siècle deviennent soudainement des stars de TikTok, où les influenceurs sont des porcs (parfois au sens propre) et où les ministres se transforment en cochons d’Inde sans que personne ne sourcille.

Mais attention : ce livre n’est pas un divertissement anodin. C’est un miroir. Et si tu le regardes trop longtemps, il pourrait soudainement se mettre à parler. Ou te proposer un chapeau en papier d’aluminium.

Alors attache ta ceinture runique, oublie ton numéro d’identification fiscale et suis Merlin à travers des paillettes, des blagues et beaucoup de critique sociale. Car celui qui ne rit pas a probablement déjà perdu. fileciteturn6file0

Chapitre I

Le retour commence

Note : Pour une lecture web fluide, cet extrait est légèrement aéré. Le ton, le rythme et les images restent fidèles au texte original.

Tout a commencé à l’époque de la grande rébellion, lorsque certains anges du ciel ont tenté de s’emparer du trône éternel. Ils ont été vaincus et bannis par Dieu. Mais leurs enfants, les Nevilinn, marchent encore parmi nous aujourd’hui.

C’était au Ve siècle. Le monde était en pleine mutation. L’Empire romain s’effondrait et le pays était ravagé par les guerres, la famine et la peur de l’inconnu. C’est en cette période troublée que Merlin s’était enfui. Lui, le fils du prince des ténèbres, n’avait jamais réclamé son héritage. Différent depuis sa naissance, il était utilisé par les rois de son époque : comme conseiller, comme magicien, comme arme. Ils le craignaient autant qu’ils avaient besoin de lui. Mais il n’avait jamais été libre.

La grotte était cachée dans une vieille forêt. Dehors, les oiseaux chantaient déjà. À l’intérieur, l’obscurité régnait. Merlin s’était réveillé d’un rêve agité. Des démons l’avaient poursuivi dans son sommeil. Il éternua, libéra une mite de sa barbe et s’assit péniblement.

La lueur du feu dansait sur les parois de la grotte, couvertes de signes magiques : octogones, spirales et anneaux dans des anneaux. Merlin saisit son grimoire en lambeaux, un recueil de pages détachées de parchemin, de peau de veau et de cuir gratté. Aucun livre au monde n’était aussi étrange que celui-ci.

Finalement, Merlin trouva ce qu’il cherchait : « Si tu veux te protéger de la mauvaise ombre de la nuit, trace un cercle, pointe ton couteau vers les quatre vents et dis... »

Le ciel au-dessus des arbres commençait à se teinter de rose. Absorbé par son travail, il ne remarqua pas le petit groupe de guerriers qui l’observaient depuis l’entrée de la grotte.

« Laissez-moi voler ! » cria-t-il en sautant dans les airs.

Il tomba dans l’eau dans un énorme splash — le même étang, mais à une autre époque. Sans le savoir, il avait franchi le seuil du temps. Il atterrit en 2025, dans l’actuel district de Harburg, près de Marxen.

Il refit surface en crachant et en toussant. Le lac de la forêt avait disparu. Les guerriers aussi. À la place, il se trouvait dans une rivière. Il avait volé ! Sans aucun doute !

Un étrange bourdonnement se rapprocha, devint plus fort et finit par se transformer en un grondement tonitruant. La terre trembla sous ses pieds, comme si un dragon avait jailli du sol. Merlin, qui avait vu des dragons, invoqué des démons et lutté contre des fantômes, se figea.

Un tracteur roula dans la grange. Au volant se trouvait Norbert Meyer. Merlin observa le garçon d’un regard attentif. Lorsque celui-ci descendit et tapota sur son miroir magique portable, Merlin recula, effrayé.

« Un artefact ! » murmura-t-il. « Un miroir de pouvoir dans lequel il emprisonne les esprits ! »

Quand ils allumèrent la télévision dans la cuisine de la grange, l’image vacilla et le visage d’un homme apparut. Merlin recula, effrayé. « Par tous les brouillards d’Avalon ! Mais c’est Latrinus ! Le nettoyeur de latrines de mon village ! Un imbécile sans pareil ! Que fait-il dans ce miroir parlant ? » Julian rit. « C’est Donald Trump. » fileciteturn6file1

Chapitre II

Nosferatu, les Pictes et le Wi‑Fi doré

Merlin s’était vêtue à la va-vite d’un vieux sac de pommes de terre et marchait pieds nus sur un chemin noir et lisse qui serpentait à travers les champs comme une langue de démon. Chaque pas était un miracle. Chaque regard une horreur.

« Ils errent en silence, fixent des miroirs noirs, absorbent la lumière avec leurs yeux et ne font pas un bruit », murmura-t-il, stupéfait, en passant devant un abribus. Un groupe de jeunes y était assis. Immobiles. Plongés dans leurs téléphones. Pas un mot. Pas un mouvement. Seuls leurs pouces bougeaient rythmiquement.

« Nosferatu », murmura-t-il. « Exactement comme décrit. Des créatures sans âme, pâles, exsangues, aveuglées par la lumière du jour, prisonnières de boîtes magiques. Elles ne boivent plus de sang, non, elles aspirent... l’attention ! »

Un homme musclé, tatoué de la tête aux pieds, passa en courant. Merlin se jeta théâtralement à terre : « Par les esprits furieux de Stonehenge ! Un Picte ! Ils sont de retour ! Le corps entièrement couvert de signes — des runes de guerre ! »

Mais au milieu de toute cette folie, une idée audacieuse germa en lui : si Trümph avait pu devenir le souverain d’un empire, alors peut-être était-il temps d’utiliser sa magie — non pas pour guider les chevaliers, mais pour maîtriser la folie que ce monde appelle « normalité ». fileciteturn6file2

Chapitre III

L’autorité du destin

« Nous devons l’inscrire », dit Sabine Meyer avec ce regard typiquement nord-allemand qui dit : j’ai trois enfants, cinq poules et un mari, je peux aussi m’occuper d’un sorcier.

Scène : bureau municipal de Marxen. La pièce sentait l’encre d’imprimante, la patience agacée et le café filtre rassis. Trois numéros clignotaient en même temps. Deux employés étaient au téléphone, le troisième essayait d’expliquer à un retraité que son hamster n’avait pas besoin de carte d’identité.

Puis Merlin est arrivé. Il portait une cape faite d’une couverture de pique-nique, des bottes en caoutchouc et un t-shirt fluorescent de Julian avec l’inscription « #blessed ». Dans la main : un bâton de randonnée qui avait manifestement été autrefois une tringle à rideaux.

« Je suis Myrddin Wyllt, surnommé le Sauvage. Certains m’appellent Ambrosius Aurelianus, gardien du troisième âge, fils de Balinor, le prince noir, mieux connu sous le surnom... du Diable. »

Deux heures plus tard, il quittait l’administration triomphant, avec des papiers mal orthographiés : Nom : Merlihn Wulld. Année de naissance : environ 0500. Profession : « maître de rituel indépendant ».

« Je veux devenir maire. Ou influenceur. Ou, comme vous dites, star de téléréalité ? Si un barde comme Trump a pu gouverner, je peux faire mieux. Et avec plus de paillettes ! » fileciteturn6file0

Chapitre IV

Le feu de Pâques de Marxen

C’était un samedi de Pâques frais dans la petite ville de Marxen. La prairie à côté de la caserne des pompiers était remplie de bancs de brasserie, de salade de pommes de terre, d’agneaux de Pâques en pâte — et de gens. Des gens qui semblaient tous fatigués. Fatigués de l’hiver. Fatigués de l’actualité mondiale. Fatigués d’une politique qui parle mais ne dit rien.

Puis il est arrivé.

Merlin est apparu comme une tempête. Vêtu d’une cape flottante faite de rideaux, muni d’une baguette saupoudrée d’or, d’un chapeau en papier d’aluminium et d’une ceinture faite de languettes de canettes recyclées. Sur son front : un symbole druidique collé, fait de cornflakes.

« Vous êtes tourmentés par la peste et la guerre, par des chanceliers au front dégarni et des promesses aussi creuses que du vin tourné. Mais je vous apporte... le feu de l’espoir ! »

Le bois s’enflamma. Et au milieu des flammes se tenait Merlin, les bras levés, le visage éclairé par le bas comme un nettoyeur de chaudière sacré et lumineux.

La même nuit, quelqu’un a posté la vidéo : « Un magicien démasque le chancelier fédéral comme bouffon de cour — et allume un feu de Pâques divin ». En quelques jours, le hashtag #KultUmMerlin est devenu viral. Il a reçu des propositions d’émissions de télévision, de boutiques ésotériques et même d’un documentaire Netflix. fileciteturn6file1

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Envie de connaître la suite ?

Si l’ironie, la magie, l’absurde et la mélancolie t’ont accroché — alors le voyage de Merlin ne fait que commencer. Ce n’est pas seulement une parodie du présent. C’est aussi une fable sur le pouvoir, la croyance, les récits, la peur et le besoin humain d’enchantement.

Merci de lire. Vraiment. — Christos

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