Pour vous
Un merci du cœur — à mes lectrices et lecteurs
Vous n’êtes pas un « public ». Vous êtes des compagnons de route. Des personnes qui prennent le temps — pour la langue, les images, le frisson discret.
J’écris pour que, l’espace d’un instant, une page devienne un lieu : un café dans la brume, une rue qui écoute, une ville qui se souvient. Et si une phrase vous suit plus longtemps que prévu… alors la magie a fait son travail.
Je n’écris pas pour être plus fort que le monde — j’écris pour ouvrir une porte : vers l’étrange, le beau, le sombre… et cette petite lumière qui tient bon.
Merci à mes lecteurs du Canada — un pays que j’ai eu la chance de visiter en 1989. C’était il y a longtemps, oui… mais certaines rencontres avec un lieu restent comme un signe dans la mémoire : doux, vaste, et fidèle.
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Épilogue
Après le brouillard
Le brouillard s'est levé, mais Vienne reste silencieuse.
C'est ce silence particulier qui s'installe quand une histoire touche à sa fin — et que l'on sait qu'elle ne s'achève jamais complètement.
Je me promène dans le Prater, comme à l'époque, quand tout a commencé. Les arbres se dressent comme des gardes, leur souffle flottant encore dans la brume humide de la nuit.
Et quelque part au loin, la grande roue du parc d'attractions grince, comme un cœur qui refuse de cesser de battre.
L'affaire est close, dit-on. Les journaux parlent de la fin, de l'illumination, de la justice. Mais je sais mieux que ça. Rien ne s'achève dans cette ville.
Ici, tout se transforme — en souvenirs, en ombres, en histoires que l'on murmure si l'on tend l'oreille.
Je pense à Sarah Levi, la lumière dans ses yeux juste avant qu'ils ne s'éteignent. Aux dessins sur les murs. Les lignes, si parfaites, si durement symétriques.
C'est peut-être cela qui l'a poussé — le désir de mettre de l'ordre dans le chaos. Ou à cacher sa propre destruction.
J'allume une cigarette, la fumée se mêle à la brume, et pendant un instant, je crois que je vois du mouvement dans le brouillard. Une ombre. C'est peut-être mon imagination. Peut-être un souvenir.
On dit que l'âme de Vienne réside dans ses cafés. Mais je crois qu'elle se trouve ici, parmi les vieux arbres du Prater, où la brume écrit des histoires que personne ne comprend.
Je marche, traversant la ville tranquille qui me connaît, qui me lit, qui ne me laisse pas partir.
Et alors que je disparais dans le gris, j'entends le grincement de la roue du manège — cette vieille chanson du mouvement et de l'immobilité, de la vie et de la mort, de la symétrie et de la dégradation.
Peut-être, me dis-je, c'est là le véritable ordre des choses. Et peut-être suffit-il de simplement le voir.
Chapitre I
Le tueur de la symétrie
Le brouillard recouvrait densément le Prater, tandis que Spiros Freiherr von Welsbach enfilait ses gants et secouait les dernières gouttes de son parapluie.
Les lampes à gaz projetaient des cercles de lumière ovales dans la grisaille, et quelque part, un musicien jouait une mélodie qui semblait ne jamais vouloir s'arrêter.
Au pied de la grande roue, l'inspecteur Haberl attendait, son chapeau à la main. « Baron... Je suis désolé de vous avoir fait attendre si longtemps... »
« En retard ? » Spiros sortit sa montre de poche et écouta son tic-tac régulier, aussi apaisant qu'un battement de cœur. « La nuit n'est que l'absence régulière du jour, inspecteur. »
Haberl pinça les lèvres. « Si vous le dites. Elle est allongée là-bas. »
Sous le troisième pilier, où une flaque reflétait la lumière, se trouvait une jeune femme. Ses mains étaient croisées, comme si elle s'était recouverte.
Sans sang, sans saleté. Seulement des lignes : des tiges de fleurs parallèles, des boutons fermés avec précision, même l'ourlet de son manteau à angle droit par rapport à la trajectoire de la roue.
Spiros s'agenouilla. Il posa sa canne et redressa un feu de signalisation tordu, comme si le résultat dépendait de son alignement.
« Celui qui l'a laissée ici déteste les coïncidences. »
« Ce n'est donc pas un voleur. »
« Les voleurs aiment le désordre, inspecteur. Il s'agit ici d'une disposition de preuves. »
Haberl montra les papiers : trois fines bandes de carton, soigneusement cachées sous ses chaussures. Chacune portait un numéro : 1 – 1 – 2.
Spiros murmura : « Ou 11 et 2… ou 1-1-2… » Puis il leva les yeux vers la roue, mesura l’ombre, ouvrit sa montre : 23 h 06.
Il fit trois pas, s'arrêta, regarda le gravier. Une deuxième empreinte. Pas de chaussures. De trépied.
« Il l'a photographiée », dit Spiros doucement. « Un homme qui mesure le monde en degrés. »
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Si l’atmosphère vous a accroché — la brume, le Prater, les lignes parfaites — alors le roman complet vous attend.